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Jonas Ben Ahmed, le premier comédien transgenre à jouer dans Plus belle la vie: "Je suis toujours une femme aux yeux de la loi" (vidéo)

Jonas Ben Ahmed, le premier comédien transgenre à jouer dans Plus belle la vie:

Jonas Ben Ahmed, premier comédien transgenre en France, qui a décroché un rôle "inespéré" dans le feuilleton quotidien "Plus Belle la vie", a livré à l'AFP un peu de son histoire qu'il dévoilera dans le documentaire "Les secrets de Plus belle la vie" mardi sur France 3.


"J'ai répondu sur un coup de tête"

"J'ai vu l'annonce de Plus belle la vie via un groupe privé sur Facebook fait pour et par des garçons transgenres, dont la formulation faisait polémique", déclare d'une voix grave Jonas Ben Ahmed, âgé de 26 ans. "J'ai répondu sur un coup de tête".

Le public a déjà découvert son visage aux traits fins, chevelure courte et noire, regard d'onyx, portant le bouc, d'abord sur le plateau de télévision de "Quotidien", émission de Yann Barthès, puis dans le dernier épisode de "Plus belle la vie" diffusé cette semaine sur France 3.

"Je me suis dit que j'allais pouvoir enfin parler de transidentité et de montrer à tout le monde que je suis un homme comme les autres".


Il rêvait d'être acteur

Pour lui qui avait en projet, "toujours d'actualité" de créer une chaîne Youtube sur "la transidentité" et rêvait, en plus, d'être acteur depuis sa prime jeunesse, l'annonce de "Plus belle la vie" était "inespérée".

A l'école, la petite fille qu'il était en apparence, "se forçait pour féminiser" chaque mot de son vocabulaire, confie-t-il, racontant la "terrible épreuve" consistant à lutter contre sa nature.

Quand il s'agissait de faire du théâtre, les rôles masculins avaient toujours sa faveur. "J'ai joué Roméo face à Juliette", se souvient-il.



"On ne devient pas un homme, on l'est depuis toujours"

Il n'aime pas l'expression "devenir homme" ou "devenir femme". "On ne le devient pas, on l'est depuis toujours, en tout cas, c'est comme cela que j'ai vécu mon histoire", souligne le jeune Lyonnais.

"J'ai galéré plus que les autres garçons pour devenir un homme", ajoute-t-il, "je ressentais une telle violence et une telle colère, adolescent".

Titulaire d'un bac littéraire, il a étudié ensuite les sciences du langage "pour faire plaisir à ses parents" qui ne voulaient pas qu'il aille dans une école de cinéma.


Heureux et apaisé

Il a subi un traitement hormonal en 2013, suivi de plusieurs opérations. "Aujourd'hui je ne ressens plus aucune colère, je me sens plus qu'heureux, je suis profondément apaisé", assure-t-il.

"Chaque personne trans a sa vision des choses", relève-t-il. Le terme qu'il utilise est "la transition". "Je ne me suis pas transformé, j'ai +transitionné+, on est obligé de recourir aux néologismes", dit-il en riant.

France 3 participe, avec "Plus belle la vie", à une "forme d'éducation sur la transidentité, se réjouit-il. "C'est très nouveau sur le devant de la scène".

Dans sa jeunesse, il a d'abord cherché à taire ce qu'il pensait et ressentait. "J'espérais qu'un matin je me réveillerais avec tout à sa place".

"C'est grâce à une série américaine sortie en 2003, "The L world", où un personnage trans fait son apparition, que j'ai réalisé que c'était possible et cela m'a aidé à en parler à mes proches".


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