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Brigitte Bardot (encore) poursuivie pour injures raciales

Brigitte Bardot (encore) poursuivie pour injures raciales
© Belga

"Population dégénérée", "traditions barbares", "île démoniaque": Brigitte Bardot s'en est pris violemment aux habitants de l'île de La Réunion en 2019 dans une lettre ouverte au préfet, leur reprochant de maltraiter les animaux.

"Les autochtones ont gardé leurs gênes (sic) de sauvages", a écrit l'ancienne actrice dans la lettre datée du 18 mars 2019 et rendue publique, accusant les Réunionnais de "barbarie" à l'encontre des animaux.

Dans ce courrier, très virulent, Brigitte Bardot, 85 ans, a évoqué pêle-mêle "des réminiscences de cannibalisme des siècles passés", "une population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales, des traditions barbares qui sont leurs souches".

La militante de la cause animale, condamnée à cinq reprises pour incitation à la haine raciale, notamment pour des propos tenus contre les musulmans, parlait encore d'une "île démoniaque" et pointait du doigt le sort soit disant réservé aux chiens et aux chats, ainsi que les "fêtes indiennes Tamoul avec décapitations de chèvres et boucs en offrande à leurs Dieux et dont les abats jetés à la mer attirent les requins".

Les condamnations de l'ancienne icône du cinéma français visaient des propos contre la population musulmane qui selon elle "nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes", ou encore contre "des clandestins ou des gueux (qui) profanent et prennent d'assaut nos églises pour les transformer en porcheries humaines".

Les excuses de Bardot

Brigitte Bardot avait présenté des excuses aux Réunionnais quelques jours après ses propos racistes. "Mon seul tort est d'avoir fustigé l'ensemble de la population en blessant ceux qui ne blessent pas les animaux. Je leur demande de me pardonner (...) On sanctionne violemment mes mots et non les actes qui les ont provoqués", a dit l'actrice. 

"C'est une révolte qui couve en moi depuis 24 ans qui, telle une irruption volcanique, a explosé et dont je subis les conséquences. Mais au moins, cela fera peut-être réagir ceux qui sont responsables et ne font rien pour améliorer les choses", a ajouté Brigitte Bardot. 

"Le cannibalisme que vous évoquez n'existe pas"

Dans les faits, l'utilisation de chiens pour appâter les requins est une accusation récurrente, émanant généralement de métropole. La pratique, interdite, a pu exister par le passé, mais n'a été révélée qu'à deux reprises, en 1998 et quelques années plus tard, et suivie de condamnations.

"Des jugements sont rendus régulièrement par les tribunaux qui condamnent notamment à de la prison ferme pour des cas de maltraitance animale", ont répliqué neuf parlementaires réunionnais dans une lettre ouverte à Brigitte Bardot l'an dernier. "De plus, le cannibalisme que vous évoquez n'existe pas et n'a jamais existé chez nous", ajoutaient-ils.

"Le 30 avril 2020, le juge d'instruction en charge de l'affaire estimait l'infraction suffisamment caractérisée pour renvoyer Brigitte Bardot et son communicant devant le tribunal correctionnel", écrit Le Parisien.

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